Émotions parasites : comment les gérer ?

Par le 14 février 2020

Il peut nous arriver de ressentir des émotions qui nous conduisent à nous emporter et à exprimer un ressenti que nous regrettons ensuite. Cela devient regrettable car nous n’avons pas été en mesure de les contrôler alors que c’était possible. Nous le regrettons car la relation avec l’autre est perturbée. Puis finalement, le vrai problème n’est toujours pas résolu. Alors comment pouvons-nous apprendre à gérer ces émotions parasites ?

émotions parasites

Reconnaître les émotions parasites

L’émotion authentique est l’émotion ressentie en cohérence avec son déclencheur type et se manifeste par le comportement adapté. Par exemple, la colère est appropriée face à un obstacle et peut se manifester par des cris. La tristesse est l’émotion ressentie en réaction à une perte et se manifeste par des pleurs. Face à un danger, l’émotion authentique est la peur.

Les émotions parasites se substituent aux émotions authentiques, les remplacent et les cachent.

Par exemple, dans certaines circonstances, il se peut que la colère se manifeste à la place de la peur et s’exprime par des cris. Au lieu de ressentir de la peur, la personne ressent et agit comme si elle était en colère. Elle ressent vraiment de la colère comme s’il y avait un obstacle alors qu’elle se trouve face à un danger.

Une autre personne aura envie de pleurer au lieu de se mettre en colère face à un obstacle. La personne ressent et exprime de la tristesse à la place du sentiment de colère. Au lieu d’exprimer son émotion de colère, cette personne exprime de la tristesse.

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Les quatre critères sur les émotions parasites

  • Les émotions parasites ne sont d’aucune utilité pour résoudre un problème. Lorsqu’on se met en colère contre son manager alors que l’on est inquiet au sujet d’un nouveau projet, cela ne permet en aucun cas de résoudre l’inquiétude. Cela permet seulement d’évacuer un trop-plein d’émotions et d’énergie stockée pour d’autres raisons.
  • L’émotion parasite et son expression sont exagérées par rapport à la situation. Par exemple, la colère sera disproportionnée par rapport au projet qui inquiète et on éprouvera un ressenti très fort par rapport à lui.

À lire >> Savoir comment gérer ses émotions est utile


  • L’émotion parasite est souvent la même. Elle est ressentie dans un grand nombre de situations stressantes. Par exemple, il est probable que la réaction de colère soit systématiquement la même dès qu’on est en situation de stress élevé.

  • L’émotion parasite est propre à chaque personne. Une personne se mettra en colère lors de situations stressantes alors qu’une autre réagira en pleurant par exemple ou en ricanant. Mais à chaque fois, la réaction émotionnelle parasite sera exagérée par rapport à l’événement.

Les trois réactions émotionnelles parasites

Le « racket »

C’est une émotion de substitution qui remplace celle que l’on s’interdit d’avoir. Il s’agit par exemple de se mettre systématiquement en colère ou à pleurer à chaque remarque. La personne qui réagit par « racket » est peu consciente et ne se rend pas compte qu’elle utilise une réaction émotionnelle automatique inadaptée à la situation.

Le « racket » permet de tenter de gagner un bénéfice auprès des autres, d’où son nom. Ainsi, la personne qui se met systématiquement en colère croit pouvoir obtenir de la reconnaissance de la part des autres ou au contraire l’évite.

Face à une personne qui exprime un « racket », on se sent mal à l’aise, gêné, voire manipulé.


À découvrir >> Comment prendre conscience de ses émotions ?


Pour en sortir, voici trois pistes à suivre :

  1. Identifier le déclencheur et l’émotion authentique : « si un ami avait ces comportements, quel pourrait être le déclencheur ? Quelle serait l’émotion ? » ;
  2. Prendre conscience de la mauvaise émotion qui, de manière systématique, se substitue à la véritable émotion dès qu’un stress important apparaît ;
  3. Identifier le vrai besoin et y répondre. Les émotions authentiques sont destinées à mettre en œuvre les comportements permettant de satisfaire des besoins importants pour soi.

La « carte de fidélité »

Les émotions désagréables qui ne sont pas exprimées sont conservées, mémorisées et s’accumulent comme des points sur une carte de fidélité. Quand la carte est pleine, c’est le gros lot !

Chacun a ainsi une ou plusieurs cartes de fidélité avec lui qu’il remplit au fur et à mesure. Quand la carte est pleine, toutes les émotions retenues et les sentiments accumulés s’expriment de manière explosive.

Le prétexte de l’explosion est souvent mineur, il s’agit seulement d’une petite émotion désagréable. C’est ainsi qu’on peut exploser de colère ou s’effondrer en pleurs pour une simple broutille.

On a accumulé beaucoup de petites émotions désagréables sans rien exprimer, mais elles se sont accumulées jusqu’à la fameuse goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Pour en sortir, deux pistes :

  1. Reconnaître l’émotion quand elle apparaît, oser la ressentir plutôt que vouloir l’oublier. Il ne faut surtout pas la nier ou la rejeter en espérant que cela va passer très vite. Il est plus facile de traiter des émotions légères au fur et à mesure que d’attendre d’en avoir une collection.
  2. Exprimer son ressenti dès que possible. Dès que l’émotion est acceptée et reconnue, il convient de l’exprimer pour ne pas garder l’énergie, mais au contraire s’en libérer. Le meilleur moyen est d’en parler.

L’« élastique »

L’« élastique » est une réaction émotionnelle automatique qui fait remonter une émotion reliée à une situation non résolue du passé. Cela se produit quand la situation actuelle a une ressemblance avec un événement passé.

Par exemple, une personne à qui on demande de produire des tableaux statistiques se sent mal à l’aise car cela lui rappelle les cours de mathématiques qu’elle n’aimait pas. Une autre personne a peur d’aller présenter un dossier devant le Directeur Général de son entreprise car elle éprouve de la timidité comme elle l’éprouvait devant le directeur d’école de son enfance.

Une ancienne émotion refait surface et elle est exagérée ou inappropriée par rapport à l’événement présent.

Pour en sortir, deux pistes :

  1. Le premier pas pour atténuer l’impact d’un phénomène « élastique » est d’en reconnaître l’existence.
  2. Décrocher l’ancien souvenir et parfois même, les souvenirs qui sont attachés aux personnes avec lesquelles vous ressentez ces élastiques.

« Racket », « carte de fidélité » et « élastique » sont des phénomènes qu’il n’est pas facile de résoudre. Toutefois, en être conscient représente plus de la moitié de la solution.


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