Comment se former aux soft skills ?

Par le 1 octobre 2019

Développer ses compétences comportementales revient à prendre de nouvelles habitudes. Parfois en contradiction plus ou moins forte avec des comportements ou des croyances profondément ancrés en nous. Contrairement aux hardskills ou compétences techniques, il ne suffit pas de comprendre et retenir pour y arriver. Comment se former aux soft skills ?

Les soft skills nécessitent une prise de conscience personnelle de nos comportements et de leurs impacts, et une acceptation d’en changer. Et surtout, de la pratique et du temps.

se former aux softskills

Les soft skills s’acquièrent avec l’aide des autres

La plupart de nos comportements sont inconscients. Nous ne mesurons pas toujours l’effet qu’ils ont sur les autres. Même lorsque nous ressentons une tension dans la relation, il nous est parfois difficile de décoder les mécanismes à l’œuvre.

Le conflit socio-cognitif

Nos expériences – bonnes ou douloureuses – nous ont façonnés. Ce qui est vrai dans un contexte donné ne l’est pas forcément dans un autre. En effet, c’est en étant confronté à d’autres personnes ayant un vécu différent que nous pourrons nuancer nos représentations. C’est ce qu’on appelle le conflit socio-cognitif, tant il bouscule en nous ce que nous pensions immuable.

Ce conflit socio-cognitif est particulièrement fort lorsqu’il touche nos croyances. En effet, nous avons tendance, inconsciemment, à les entretenir, voire à les renforcer.

Exemples des impacts du conflit socio-cognitif

Voici un premier exemple. Si je crois qu’on ne peut pas faire confiance à untel, je me persuade que notre entretien va mal se passer. Je pense qu’il va chercher à m’avoir. Je vais adopter une attitude rigide, je ne ferai pas de concession. La tension va monter et nous nous quitterons sans avoir trouvé un accord. Conséquence : untel va me contourner pour obtenir ce dont il a besoin. Je renforce donc ma croyance : « on ne peut pas lui faire confiance ».

Autre exemple : nous n’avons pas tous le même type de personnalité. Nous avons tendance à fonctionner avec les autres de la manière dont nous souhaitons qu’ils fonctionnent avec nous. Mais ce n’est pas toujours efficace. Au contraire, cela peut créer des tensions que nous avons du mal à expliquer. Nous risquons de conclure que « untel a un problème » alors qu’il a ni les mêmes besoins ni la même manière d’être efficace.

Pour progresser, nous avons donc besoin de feedbacks bienveillants et sincères. Dans un contexte protégé, dénué de tout enjeu. Alors, nous pourrons lâcher prise et accepter de nous ouvrir à d’autres points de vue, d’autres manières de communiquer. Nous pourrons tester de nouvelles pratiques et constater leur efficacité – toujours grâce au feedback des autres.

Les soft skills s’acquièrent par la pratique

Au-delà de la nécessaire prise de conscience, changer d’habitudes prend du temps. Entre 30 et 60 jours, voire plus, ou au moins 60 répétitions du même « geste » selon les experts en neurosciences. Ce n’est pas parce que nous avons « compris » les principes d’une bonne pratique que nous avons acquis la maîtrise de la compétence soft skills correspondante.

L’exemple le plus flagrant est celui de la gestion des emails. Nombreux sont ceux qui, en formation ou à la lecture d’un billet sur ce blog, comprennent que la meilleure stratégie pour être efficace est d’ouvrir la boîte mail à 11h plutôt qu’en arrivant le matin. Mais les habitudes sont tenaces (demandez aux fumeurs, ils vous le confirmeront !). Dès le lendemain, beaucoup retrouvent le réflexe d’ouvrir leur boîte mail à la première heure. Parfois, ils ont une pensée coupable pour leurs priorités qu’il traiteront avec moins d’efficience plus tard. Cela ne les empêche pas de prendre connaissance du contenu de leur boîte aux lettres.

Dans ce cas, quelques rappels et beaucoup de discipline personnelle sont nécessaires. Jusqu’à ancrer profondément une nouvelle habitude, et renforcer son adoption en constatant à quel point elle nous rend efficace. La solidarité des pairs et le soutien du manager facilitera l’intégration de cette nouvelle habitude.

Dans d’autres cas, il s’agit avant tout de calmer nos peurs. Prenons un autre exemple, toujours dans le domaine de l’efficacité professionnelle. Une bonne pratique consiste à reporter un rendez-vous avec un collègue qui nous sollicite alors que nous sommes en train de travailler dès le matin sur une priorité. Oui, mais nos petits diablotins personnels pourraient s’affoler : « mais que va-t-il penser de toi ? Il va se dire que tu es égoïste ». Cette peur de ne plus être appréciés par nos collègues pourrait bien avoir raison de la décision que nous avions prise de travailler en continu sur nos priorités.

Pour ancrer la bonne pratique, là encore, il va nous falloir du temps. Le temps que de nombreuses occasions se présentent de tester cette nouvelle façon de faire. Et surtout, des opportunités progressives. En effet, commencer avec un collègue un peu soupe au lait ne fera que renforcer notre peur viscérale de ne pas être apprécié.e. Il vaut donc mieux commencer avec des collègues bienveillants pour se rendre compte qu’il ne nous en veulent pas du tout. Au contraire, si nous sommes plus disponibles pour eux à 14h, ils sont ravis ! Et si vous avez un doute, pourquoi ne pas leur demander un feedback ?

Les soft skills s’acquièrent au bon moment

Faut-il attendre d’être « prêt.e » ou d’avoir un besoin précis pour se former aux soft skills ? Certainement pas.

Le développement des softskills est un processus long qui se construit par couches successives. Certains concepts ne s’acquièrent que si nous pouvons les raccrocher à une expérience vécue. D’autres, lorsque nous avons déjà au préalable ouvert certaines « portes » de notre conscience, commencé à explorer le champ de notre développement personnel.

Parfois, une graine plantée plusieurs années auparavant germera au moment où nous en avons besoin. La formation peut être « en avance de phase », l’acquisition de la compétence se fera au moment où elle sera utile pour nous. Si nous participions à la même formation à plusieurs années d’intervalle, il est probable que nous n’en retirerions pas la même substance. Entre-temps, nous aurions mûri certains concepts, ancré de nouvelles habitudes, vécu d’autres expériences.

Une chose est sûre. Quel que soit notre chemin, l’acquisition des compétences soft skills est exponentielle. Plus nous développons notre connaissance de nous-mêmes, de nos peurs, de nos besoins, de nos fonctionnements, plus nous profitons des nouveaux concepts qui s’offrent à nous, et plus nous parvenons à les mettre en pratique avec succès. En effet, le développement personnel accroît notre confiance en nous. Avec la pratique, nous ne doutons plus de nos capacités à changer nos habitudes.


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Se libérer d’une croyance limitante

Et si nous ne ressentons pas le besoin de nous former aux soft skills ? C’est peut-être que nous sommes enfermés dans une croyance limitante. Nous pouvons attendre qu’un événement nous force à dépasser nos freins, en nous mettant dans une situation où nos anciennes habitudes s’avèrent tellement inefficaces que l’inconfort devient insupportable. Nous pouvons aussi prendre les devants et demander à des personnes de notre entourage en qui nous avons confiance, un feedback bienveillant et sincère. Une bonne manière de le faire est de poser quelques questions ciblées : « dans tel contexte précis, quels ont été mes points forts ? sur quoi je peux progresser pour être plus efficace ? » Alors, nous serons en mesure de planter la graine qui nous sera utile le moment opportun.

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Nathalie Il y a 2 semaines

Merci Pascale pour ce billet sur les soft skills. Bien d’accord avec toi que ces compétences s’acquiert par une pratique régulière et toujours au bon moment. J’aimerai partager ici mon billet sur la soft skill de l’agilité individuelle http://www.blog-atlans.eu/lagilite-individuelle-et-collective-en-5-cles/

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