Les 7 degrés de maturité émotionnelle

Par le 22 mai 2019

Quand faut-il utiliser les degrés de maturité émotionnelle ? Lorsque la demande de votre interlocuteur n’est pas formulée clairement parce qu’elle est masquée par l’expression verbale, para verbale ou non verbale d’une émotion [1].

Les 7 degrés de maturité émotionnelle[2]

Les 7 degrés de maturité émotionnelle, issus de l’intelligence émotionnelle, peuvent vous aider à clarifier la demande de votre interlocuteur. Une forte maturité émotionnelle suppose de la part de sa part une capacité à :

  1. Comprendre l’émotion et lui donner son sens. Il faut en avoir conscience, pouvoir la nommer et mettre en relation le déclencheur ainsi que l’émotion et le besoin à satisfaire.

A cet effet, l’analyse transactionnelle distingue 5 émotions de base :

  • La peur : elle est liée à la perception d’un danger, d’une situation inconnue (déclencheur) et renseigne la personne sur son besoin de protection.
  • La colère : elle est générée par un obstacle qui empêche la personne d’atteindre son objectif (déclencheur) et elle la renseigne sur le besoin de changement.
  • La tristesse : elle est liée à une perte (déclencheur) et renseigne sur le besoin de réconfort.
  • La joie : elle est déclenchée par une réussite (déclencheur) et renseigne sur le besoin de partage.
  • Le désir : elle est liée à un espoir (déclencheur) et renseigne sur un besoin d’investissement.

2- Exprimer avec justesse ses émotions et son besoin.

3- Formuler une demande claire à la personne.

maturité émotionnelle

Adaptez votre mode d’intervention en fonction du degré de maturité émotionnelle

Vous identifiez le niveau de maturité émotionnelle exprimé et vous intervenez pour aider votre interlocuteur à clarifier sa demande.

Degré 1 : déni de l’émotion et du déclencheur.

Manifestations : votre interlocuteur n’a pas conscience des caractéristiques de la situation et de l’émotion qu’elle suscite chez lui.

Mode d’intervention : vous faites décrire la situation et questionnez sur l’émotion qu’elle pourrait provoquer.

Degré 2 : rétention de l’expression de l’émotion.

Manifestations : votre interlocuteur a conscience du déclencheur et de l’émotion qu’elle provoque chez lui mais a des difficultés à nommer cette émotion.

Mode d’intervention : vous reformulez ce que vous percevez de l’émotion de votre interlocuteur. Vous pouvez proposer une hypothèse sur l’émotion authentique et vérifier votre hypothèse : « j’ai l’impression que vous êtes en colère… »

Degré 3 : expression d’une émotion de substitution

Manifestations : votre interlocuteur a conscience du déclencheur et est en contact avec un ressenti de substitution qui l’empêche d’être en contact avec son besoin et donc de faire une demande.

Mode d’intervention : vous pouvez l’aider à faire le lien entre le déclencheur et l’émotion authentique.


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Degré 4 : expression inappropriée de l’émotion authentique.

Manifestations : votre interlocuteur a conscience du déclencheur et de l’émotion authentique qu’il exprime de manière disproportionnée par rapport à la situation.

Mode d’intervention : vous écoutez et questionnez sur l’émotion, sur le besoin dans la situation actuelle

Degré 5 : expression de l’émotion sans formulation du besoin.

Manifestations : votre interlocuteur exprime son émotion mais pas le besoin correspondant.

Mode d’intervention : vous questionnez votre interlocuteur sur son besoin.

Degré 6 : expression de l’émotion et du besoin.

Manifestations : votre interlocuteur exprime son émotion et son besoin mais sans formuler de demande claire.

Mode d’intervention : vous le questionnez sur sa demande.

Degré 7 : expression de l’émotion, du besoin et formulation de la demande.

Manifestations : votre interlocuteur se prend en charge et est affirmé dans l’expression de son émotion, son besoin et sa demande.

Mode d’intervention : vous répondez à sa demande.

Les apports de la CNV

En s’inspirant des 4 étapes de la Communication Non Violente – CNV-, conçue par le docteur Marshall B. Rosenberg[1], vous pouvez aider votre interlocuteur à exprimer efficacement ses émotions :

1.  Faites décrire le comportement concret qui affecte le bien-être et faites décrire les faits : « qu’est-ce qui se passe ? », « quels sont les faits ? ».

2.  Invitez votre interlocuteur à exprimer l’émotion ressentie face à ce comportement : « que ressentez-vous face à cette situation ? », « comment vous sentez-vous ? »

3.  Faites exprimer ses besoins : « de quoi avez-vous besoin ? »

4.  Enfin, clarifiez la demande d’actions concrètes attendues par votre interlocuteur pour retrouver le bien-être : « qu’attendez-vous de moi ? ».

La posture à adopter

Pour être efficace, vous devrez :

  • Pratiquer une écoute empathique pour déceler le ressenti qui n’est pas exprimé clairement.
  • Montrer de la bienveillance et de l’empathie vis-à-vis du ressenti de votre interlocuteur est essentiel
  • Enfin, vous avez intérêt à procéder par reformulations et hypothèses. Seule la personne sait ce qui se passe pour elle.

[1] Psychologue américain (1934- 2015), créateur d’un processus de communication appelé « Communication Non Violente » (CNV)


[2] In « La boîte à outils du leadership » J. Lafargue, JP Testa et V. Tilhet-Coartet ; 2° édition, chez Dunod, 2017

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Laurent MACECCHINI Il y a 6 mois

J’attends beaucoup de cette formation afin de me sentir Zen dans mon travail.

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Sylvie VERMOTE Il y a 5 mois

Dans le monde du travail, l’expression de certaines émotions (empathie, joie, …) est souvent perçue comme non professionnelle, signe de faiblesse ou l’apanage de certains métiers. Souvent seuls les émotions négatives (colère, agressivité, …) permettent de gagner le respect.
Comme Laurent, j’attends ce stage avec impatience pour utiliser mes émotions à bon escient.

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