La bouée « anti-sauvetage »

Par le 3 octobre 2018

Confronté à une demande d’aide, la personne a intérêt à aider son interlocuteur plutôt que de l’assister et de le maintenir ainsi dans la dépendance en intervenant au-delà de ce qui lui est demandé. La bouée « anti-sauvetage » donne les moyens à la personne d’adopter la posture adéquate grâce à 5 questions clés à se poser avant de répondre à la demande, et au contrat à établir pour répondre à la demande.

Les 5 questions à poser et les contrats d’aide correspondants

Pour éviter d’assister son interlocuteur et de le maintenir dans la dépendance, la personne répond aux 5 questions clés :

Question 1 : « Ai-je une demande réelle et explicite ? »

Il est souhaitable de vérifier que l’interlocuteur a une demande et de lui faire expliciter clairement cette demande pour éviter de l’assister. La réponse à cette première question permet d’anticiper la question 2.

Le contrat d’aide sur la demande d’aide : Reformuler sa compréhension de la demande : « si j’ai bien compris, vous attendez de moi… ».

Question 2 : « Est-ce de ma responsabilité ? »

Si la personne intervient alors que la demande ne relève pas de sa responsabilité et de son rôle, elle se substitue à quelqu’un d’autre. Aider consiste, dans ce cas, à clarifier ce qui relève de son rôle et orienter l’interlocuteur vers la personne responsable.

Le contrat d’aide sur ce qui relève de la personne : « voilà ce que je suis en mesure de faire pour vous aider… ».


Pour aller plus loin, nous vous recommandons la formation : Améliorer ses relations au travail avec l’analyse transactionnelle.


Question 3 : « Ai-je la compétence ? »

Pour la personne, aider efficacement l’autre peut consister à intervenir directement s’il en a la compétence ou à orienter l’interlocuteur vers des ressources compétentes.

Le contrat d’aide sur les modalités d’aide : « voici comment je vais vous aider… ».

Question 4 : « Suis-je prêt à ne faire que 50% du chemin ? »

Aider l’autre ne veut pas dire faire à sa place. La personne contractualise les engagements respectifs pour résoudre le problème.

Le contrat d’aide sur les engagements respectifs de chacun : « voici ce que je vais faire et ce que vous allez faire… ».

Question 5 : « En ai-je envie maintenant ? »

L’aide efficace nécessite de la disponibilité et de l’écoute. La personne vérifie que c’est le moment opportun et décide de traiter ici et maintenant ou négocie avec son interlocuteur le report du traitement de la demande.

Le contrat d’aide sur le moment choisi conjointement pour traiter la demande : « quand et combien de temps nous allons prendre pour répondre à votre demande ».

Nos recommandations :

  • Le contrat d’aide nécessite un accord de la part de l’interlocuteur à chaque étape.
  • Connaissez vos propres tendances à entrer dans des comportements de Sauveur.
  • Pratiquez un « sevrage » progressif pour ne pas déstabiliser vos interlocuteurs.

 

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Cécile Lemoine Il y a 2 mois

Bien vu, merci pour ce billet ! Il me semble que c’est éclairant pour un manager hiérarchique évidemment, mais aussi en transversal, pour solliciter des contributions dans ou hors du mode projet. Lorsque ceux à qui on demande une contribution nous renvoient des objections en forme de « je ne peux pas » ou « je ne sais pas », on a vite fait de traduire ça en demande d’aide lorsqu’on ne se sent pas légitime pour être en demande. Avec le risque de compenser, d’en faire trop et d’établir sans le vouloir une relation quelque part ‘bancale’… Avec ces 5 points clés on peut bâtir un contrat équilibré pour chacun.

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Jean-Pierre

Jean-Pierre Il y a 1 mois

@ Cécile : merci pour ton feedback et ta contribution. Bises

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