« Ce que je veux » ou la stratégie d’objectif

Par le 18 décembre 2017

Mettez-vous en situation pour formuler de bons objectifs personnels grâce à la PNL. Imaginez la situation suivante et ce que seraient vos pensées, émotions ou réactions spontanées : « Mon boss m’avait promis de me confier un projet phare pour l’entreprise et m’annonce que ce n’est plus possible compte tenu d’événements indépendants de sa volonté. »

Quelles seraient vos premières pensées ?

  1. « Ce n’est pas normal »
  2. « Cela ne devrait pas arriver »
  3. « ça tombe encore sur moi ! »
  4. « C’est de la faute de… »
  5. « Pourquoi en sommes-nous là ? » 

Ou bien

  1. « Qu’est-ce que je veux? »
  2. « Quelles pourraient être les solutions acceptables ? »
  3. « Qu’est-ce que cet événement m’apprend? »
  4. « Comment faire à l’avenir? »

La PNL[1] nomme « cadre du blâme » les émotions, pensées, convictions, proches des cinq premières réactions. Le « cadre d’objectif » s’apparente aux quatre suivantes. Vous remarquerez que le cadre du blâme est orienté vers le passé et le cadre d’objectif vers le futur.

Examinons les mécanismes qui programment le « cadre du blâme » puis ceux du « cadre d’objectif ».

Le « cadre du blâme »

Voici quatre questions types qui induisent le « cadre du blâme » :

  1. Qu’est-ce qui ne va pas ?
  2. Pourquoi ai-je ce problème ?
  3. En quoi est-ce grave ?
  4. À qui la faute ?

Ces questions nous « enfoncent » encore plus dans les difficultés et sont autant obstacles supplémentaires.

Reprenons-les une à une.

Qu’est-ce qui ne va pas?

En posant ce type de question vous provoquez, chez vous ou chez l’autre, un flot de plaintes et de récriminations. « Ce qui ne va pas » est un univers immense, voire infini. Chacun risque de s’enliser de plus en plus dans les problèmes, comme dans du sable mouvant.

Pourquoi ai-je ce problème?

En voulant rechercher les causes, cette question induit la culpabilité en allant rechercher dans le passé, parfois lointain : « pourquoi as-tu fait cela, n’as-tu pas honte ? ».

La question « pourquoi » peut raviver certains souvenirs désagréables, même si celui qui pose la question a une intention bienveillante de recherche des causes.

En quoi est-ce grave ?

Cette question induit deux attitudes : soit la fuite devant le problème « ce n’est pas si grave que cela » ; soit la dramatisation « c’est très grave et insurmontable ». Ces deux réponses conduisent à ne pas réagir rapidement et de façon appropriée.

À qui la faute?

Les accusateurs répondent « c’est la faute des autres ou du système, les autres ne sont pas comme ils devraient être… ». Les éternelles victimes répondent : « c’est de ma faute, j’aurais dû m’y prendre autrement, c’est toujours à moi que cela arrive… »

Programmer la réussite : le « cadre d’objectif »

Les quatre questions clés suivantes permettent d’entrer dans la démarche de la stratégie d’objectif.

  1. Quel est mon objectif ?
  2. Comment saurai-je que j’ai atteint mon objectif ?
  3. Comment puis-je atteindre mon objectif et de quelles ressources ai-je besoin ?
  4. Quelles seront les conséquences éventuelles, positives et négatives, de la réalisation de mon objectif ?

Apprécions ces quatre questions.

Quel est mon objectif ?

Cette première question oriente la pensée vers l’avenir. Transformer son problème en objectif consiste à penser au futur et à trouver des solutions. Il est préférable de répondre à cette question en terme positif. Par exemple : – « Je veux rester calme » au lieu de « je ne vais plus m’énerver » ; – « Je veux établir des relations de confiance avec lui », au lieu de « je ne voudrais plus me méfier de lui » ; – «Je veux gagner du temps», au lieu de «je ne veux plus perdre de temps ».

Évitez l’emploi de la forme négative au profit de la forme positive. En effet le cerveau ne se représente pas d’emblée la négation. Par exemple ne revoyez pas l’endroit de vos dernières vacances. Que voyez-vous ?

Comment saurez-vous que vous avez atteint votre objectif?

Attention aux réponses vagues et générales. Par exemple les réponses comme : « je veux gagner du temps », « mieux communiquer avec les autres », « faire du sport » sont imprécises et incomplètes, proches des bonnes résolutions que l’on ne tient pas.

Un objectif est précis quand sa formulation inclut la possibilité de le mesurer et de le valider. Ainsi, « je veux dégager deux heures par semaine pour lire ou me cultiver » est préférable à « je veux gagner du temps ».

Dans ces conditions, la mesure de la réalisation de l’objectif est concrète et vérifiable. Mais surtout, cette formulation nous programme mentalement pour réussir.

Cette deuxième question permet donc de définir avec précision le contexte spécifique précis dans lequel vous voulez atteindre ou faire atteindre un objectif. Sans contexte précis, il est difficile de changer ou d’évoluer, les objectifs vaguement définis se confondant avec de bonnes intentions.

Comment puis-je atteindre mon objectif et de quelles ressources ai-je besoin ?

Quand l’objectif est précisément défini, cette troisième question permet de rechercher les moyens. Nous sommes loin de la liste des freins et des inhibitions du type : « Ce n’est pas possible, c’est trop cher, nous ne l’avons jamais fait, ce n’est pas dans nos habitudes… »

Les ressources dont nous parlons ici sont vos qualités, expériences réussies, apprentissages précédents… Elles sont aussi externes : vos alliés, des professionnels, votre réseau…

Quelles seront les conséquences éventuelles, positives et négatives, de la réalisation de mon objectif ?

Avant même d’entamer la démarche visant à atteindre l’objectif, il convient d’envisager les conséquences possibles de sa réalisation. L’atteinte de l’objectif va-t-elle supprimer des avantages actuels ? L’atteinte de l’objectif va-t-elle, au-delà de ces répercussions positives, entraîner des conséquences négatives ? Lorsque nous changeons l’un des éléments de notre vie, cela a un impact sur d’autres éléments. Le fait de faire du sport, de se cultiver ou de mieux communiquer modifie l’équilibre établi de notre propre fonctionnement et de nos relations avec les autres. Des forces de rappel peuvent nous ramener à la situation antérieure. Il vaut mieux les anticiper à l’avance au lieu de les découvrir par surprise.

Lorsque les avantages l’emportent très nettement sur les effets indésirables, vous vivez quelques turbulences passagères. Lorsque les effets indésirables l’emportent sur les avantages, vous devez surmonter de lourdes épreuves.

Anticipez donc les effets probables de la réussite de vos projets. Par exemple :

– « Je veux plus de responsabilités. Suis-je prêt à assumer la jalousie des personnes avec qui je m’entendais bien jusqu’à maintenant ? »

– « Je veux gagner du temps parce que je me trouve débordé. Que ferai-je du temps gagné ? »

– « Je veux me lever plus tôt pour consacrer du temps à des activités physiques et à la méditation. Suis-je prêt à dormir moins ou à me coucher plus tôt ? Quelle répercussion pour mes proches ? »

L’application de la stratégie d’objectif permet de poursuivre des buts en se donnant des chances d’obtenir les résultats escomptés. Il s’agit d’une méthode assortie de plusieurs questions orientées vers la construction d’un but. C’est surtout une manière d’agir à la fois réaliste, puisque nous prenons acte de ce que arrive et audacieuse en élaborant des solutions pour progresser.

Exercice

Pour conclure, nous vous proposons un exercice. Parmi les propositions suivantes lesquelles respectent-elles la formulation d’un objectif ?

  • Je souhaite rester calme en fin de journée quand mes collaborateurs entrent dans le bureau sans prévenir.
  • Je ne veux plus m’énerver.
  • J’ai besoin de vous voir pour une question urgente ; pouvez-vous m’accorder quelques instants ?
  • J’aimerais que nos relations soient meilleures.
  • Je vous remettrai le rapport à la fin du mois de juin.
  • Il faut que nos équipes soient plus motivées l’an prochain.
  • Je veux prendre 1/4 d’heure de réflexion, seul, deux fois chaque journée que je travaille.

Aller plus loin avec le livre : La PNL pour tous : Comment améliorer son quotidien de Alain Duluc,‎ Jean-Louis Muller et‎ Frédéric Vendeuvre, ESF.

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[1] La Programmation Neuro-Linguistique est une approche mise au point dans les années soixante-dix aux États Unis par Richard Bandler, informaticien et psychologue, et John Grinder, linguiste et psychologue.

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