Je n’ai pas la pêche : comment éviter de perdre mon temps ?

Par le 20 octobre 2015

Les saisons passent et notre énergie varie avec elles. Après plusieurs semaines de travail intensif, nous avons parfois du mal à évacuer la fatigue qui s’accumule. Lorsque nos neurones épuisés ne sont pas aussi efficaces que d’habitude, nous compensons en travaillant un peu plus longtemps, avec une efficacité discutable. Les dossiers en retard et la ToDo List qui s’allonge démesurément nous stressent. Stop ! Arrêtons-nous un instant. Voici dix mesures à prendre dès l’apparition des premiers symptômes de fatigue pour éviter de sombrer dans le cercle vicieux du surmenage.

Fatigue

1. Reconnaître notre fatigue

Le déni fatigue. Si nous n’écoutons pas les signaux de notre corps, celui-ci élèvera la voix jusqu’à ce que nous soyons forcés de l’entendre. Douleurs dorsales, maux de tête, nausées, chacun a son langage propre. Mais plus nous tardons à prendre en compte ce que notre corps a à nous dire, plus il nous faudra de temps pour retrouver un bon niveau d’énergie. Apprenons – ou réapprenons, car ce phénomène est inné chez nous – à déceler les besoins de notre corps au moindre murmure. Paupières lourdes, cerveau embrumé, bâillements : notre corps réclame une pause.

Les pires ennemis de notre corps sont nos habitudes, la pression sociale de notre entourage professionnel ou personnel – et nous-mêmes, bien sûr. Si nous avons l’habitude de rester jusqu’à 19h le soir au bureau, partir à 17h pour nous ressourcer le temps d’une soirée sera peut-être difficile. Qu’en penseront les collègues ? Dans certaines cultures d’entreprise, les petites phrases assassines telles que « tiens, tu as pris ton après-midi ? » sont ravageuses. Viennent ensuite nos propres rituels du soir. Parvenons-nous à nous coucher à 21h, si nous nous mettons au lit  à 23h30 tous les jours de la semaine ? Pas toujours. Nous luttons pour « profiter » de notre temps libre. Et nous loupons au moins un « train du sommeil » réparateur. Pourtant, la fatigue est une manifestation physiologique naturelle. Si nous sommes attentifs à son rythme, nous pouvons rester en forme dans la durée.

2. Inscrire le repos comme une tâche importante à réaliser

Le sentiment de n’avoir rien fait quand nous avons tant à faire fatigue. Le problème, dans la phrase qui précède, c’est que nous avons tendance à assimiler le repos à du « rien ». Or c’est tout le contraire. Nous reposer fait partie des choses les plus importantes que nous puissions faire dans une journée. La raison est simple. Depuis l’instant où nous nous réveillons le matin, notre cerveau fabrique des toxines qui finissent par embrouiller nos idées au fil de la journée et ne s’évacuent qu’avec le sommeil. Nos meilleures idées naissent dans l’ombre de notre inconscient au repos.

Si cela nous évite de culpabiliser, inscrivons « me reposer » ou « nettoyer les toxines de mon cerveau » ou mieux encore « laisser mon inconscient travailler » sur notre ToDo List. Ainsi, nous profiterons pleinement notre sieste du week-end, d’une bonne longue nuit réparatrice et de nos promenades en pleine nature. Et nous aurons le plaisir de rayer une tâche de plus sur notre ToDo List. Et ça, ça donne de l’énergie !

3. Nous donner des objectifs quotidiens réduits

Avoir une longue liste de choses à faire fatigue. Doublement. Une première fois lorsque nous considérons la masse de travail qu’elle représente et que nous ne nous sentons pas en  mesure d’assumer en ce moment, une deuxième fois en fin de journée lorsque nous nous apercevons que nous n’avons pas avancé sur l’essentiel. Parce que lorsque nous sommes fatigués, nous manquons de discernement. Devant la longue liste, nous avons la tentation de rayer des lignes dans le seul but de voir sa taille diminuer. Alors nous commençons pas de petites actions courtes, en espérant nous débarrasser du surpoids avant d’attaquer les dossiers importants… que nous sommes trop fatigués pour traiter ensuite.

Moins nous avons d’énergie, plus nous avons intérêt à nous montrer sélectifs dans nos priorités du jour. Choisissons de traiter une chose importante et deux urgences plutôt qu’une multitude de petits problèmes. Renonçons d’emblée à tout faire. Cette décision nous soulagera immédiatement et nous serons plus sereins pour travailler efficacement.

4. Réserver 1h le matin pour un dossier important

Ne pas avancer fatigue. Les échéances qui se rapprochent et le retard qui s’accumule sont sources de stress, ce qui aggrave notre cas. Malheureusement, les dossiers importants sont en général aussi les plus lourds et les plus complexes, et nous avons du mal à nous y mettre. Comment se décider à escalader la montagne lorsque le sommet nous parait si lointain ?

Pour réussir à avancer, découpons nos dossiers de fond en objectifs partiels, suffisamment fins pour tenir dans une heure de travail. La montagne n’est plus si haute. En nous projetant dans la réalisation concrète d’un livrable défini, nous trouvons l’énergie nécessaire pour commencer. Le choix de l’horaire a également son importance. Nos neurones sont plus frais le matin à la première heure. Nous serons plus productifs, et nous aurons en plus l’agréable sensation d’avoir avancé, qui nous redonnera de l’énergie pour le reste de la journée.

5. En profiter pour faire du rangement

L’encombrement et le désordre fatiguent. Nous nous énervons à rechercher un dossier mal rangé, nous perdons du temps. Surtout, la vision cauchemardesque de notre retard a de quoi nous démoraliser.

Ranger est certes fastidieux lorsque nous avons mieux à faire. Mais lorsque notre fatigue nous rend inopérants pour des missions plus passionnantes et à plus forte valeur ajoutée, désencombrer et préparer notre efficacité de demain est une excellente stratégie. Durant les heures creuses en début d’après-midi, commençons à classer, jeter, organiser. En même temps que notre bureau, notre esprit devient plus clair. L’énergie revenue, nous nous féliciterons de nous avoir facilité le travail.

6. Faire une seule chose à la fois

Faire plusieurs choses à la fois fatigue. Notre cerveau est obligé de « switcher » d’un sujet à l’autre. L’effort pour nous concentrer de nouveau consomme plus d’énergie que lorsque nous travaillons sur notre lancée.

Lorsque nous travaillons pendant 1h sur notre dossier important, coupons notre téléphone et fermons notre boîte mail. Lorsque nous épluchons nos mails, utilisons la méthode CAP pour nous focaliser sur un objectif à la fois. Lorsque nous faisons du rangement, savourons la tranquillité d’un moment sans stress et sans enjeu majeur. Lorsque nous nous reposons, concentrons-nous sur notre respiration et la détente de notre corps.

7. Nous autoriser le « juste nécessaire »

Le perfectionnisme fatigue car il est très consommateur de temps pour une valeur ajoutée faible – voire discutable. Cette impression de n’avoir jamais fini, de toujours pouvoir faire mieux nous empêche d’être satisfaits. Or, la satisfaction du devoir accompli est un carburant essentiel de notre énergie !

Au contraire, clôturer un dossier et le rayer de notre ToDo List nous allège. Pour parvenir à le faire malgré la tentation du perfectionnisme, comparons la valeur de la sur-qualité avec l’efficacité que nous aurons lorsque nous nous serons reposés. Puis, savourons notre victoire d’avoir pris la bonne décision.

De la même manière, prendre de nouveaux engagements pour rendre service aux collègues en dehors de nos missions essentielles fatigue lorsque la coupe et déjà pleine. Cela accroit notre sentiment d’impuissance à nous en sortir. Nous pouvons refuser de telle sorte que notre « non » soit bien perçu par notre interlocuteur. Puis savourer le sentiment d’avoir pris la bonne décision pour cette fois.

8. Demander de l’aide ou déléguer davantage

Travailler seul fatigue quand on est fatigué. Car notre cerveau a du mal à se concentrer sur une direction précise et manque de discernement sur ce qui est important. Lorsque nous travaillons à deux ou trois, non seulement la relation elle-même peut nous redonner du peps, mais en plus, le fait de devoir exprimer à haute voix notre pensée nous aide à la faire émerger. A plusieurs, les idées fusent mieux parce qu’elles rebondissent les unes sur les autres. La confrontation est productive.

La délégation a la même vertu, puisque nous devons expliquer le résultat que nous attendons. Elle a en plus l’avantage de booster notre sentiment d’avancer. Certes, nous restons responsables du résultat final et devons programmer des points d’avancement, mais quel plaisir de voir qu’une grande partie du travail s’est fait sans nous ! Nous pouvons enfin prendre du recul pour avoir une vision d’ensemble. Cela tombe bien, porter notre regard sur la ligne d’horizon est plus reposant que d’avoir le nez sur le guidon.

9. Alerter notre manager ou nos clients

Le poids des responsabilités fatigue. Si la cause de notre fatigue est la surcharge d’activité, il est salutaire de ne pas porter ce poids tout seul, surtout si la situation risque de durer. Notre manager n’est pas forcément conscient de ce que nous vivons. Il peut être de bon conseil pour nous aider à gérer nos priorités, voire prendre la décision d’alléger notre charge.

Si notre fatigue met en danger notre fiabilité sur les délais, il est préférable d’alerter avant la date convenue notre client, qu’il soit externe ou interne. Nous pourrons peut-être négocier un report ou trouver avec lui une solution qui lui convienne tout en diminuant notre stress.

10. Programmer une pause pour nous ressourcer

Ne pas voir le bout du tunnel fatigue. La perspective d’un départ peut nous donner l’énergie suffisante pour être efficaces la semaine qui précède quelques jours de vacances. Chercher la destination, réserver le lieu, nous projeter dans ce que nous ferons de ce temps libre où nous pourrons vivre à notre rythme nous donnera le courage d’effectuer le sprint de la dernière ligne droite.

Surtout, quelques jours de déconnexion totale nous permettront de nous recentrer sur nos besoins essentiels et de les nourrir sans nous presser. Profitons-en sans scrupule, en sachant que nous serons bien plus efficaces à notre retour.

Pour plus d’astuces, retrouvez la boîte à outils de la gestion du temps

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Portanery Il y a 3 années

Bêler idée, Pascale, que de se réorganiser intelligemment quand le travail semble très présent ! J’apprécie tes recettes.

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Aimé GERARD Il y a 3 années

Je trouve le contenu très intéressant.

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KERNEIS Il y a 3 années

Vous la connaissez ? : Ne vous dépêchez pas, nous n’avons pas de temps à perdre ! de la SNSM…

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Evelyne DELPIVAR Il y a 10 mois

Très intéressée par vos mémos, bravo

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