Mails, smartphone, Internet, réseaux sociaux : comment éviter l’addiction?

Par le 8 avril 2015

Nos outils d’information et de communication ont pris une telle place dans notre société, que nous pouvons nous demander comment tournait le monde avant l’avènement de l’ère technologique. Ce sont des outils merveilleux. Ils abolissent les distances et nous permettent de joindre nos proches à tout moment. Ils nous donnent un accès illimité à la plus grande infothèque de tous les temps. Ils facilitent nos projets en nous mettant rapidement en contact avec les personnes susceptibles de nous donner un coup de pouce.

Mais lorsque nous nous laissons envahir par leurs « petits bonheurs », ils peuvent vite devenir source d’addiction et nous faire perdre un temps colossal au détriment d’autres activités plus importantes. Comment prendre de la distance vis-à-vis d’eux, lorsque nous recherchons mécaniquement en eux notre drogue quotidienne ?

 

Mails, smartphone, Internet, réseaux sociaux : comment éviter l'addiction?

1. Renoncer à tout voir, tout savoir, tout traiter

La masse des informations présentes sur la toile ou les réseaux sociaux est incommensurable. Une personne connectée sur Facebook, avec une moyenne de 160 amis et 100 actions générées par ami, est susceptible de recevoir jusqu’à 16 000 « actualités » par mois : posts, likes, commentaires, etc. Soit plus de 500 par jour. D’après le bilan 2015 du blog du modérateur, 72 heures de vidéo sont téléchargées chaque minute sur YouTube. Une vie ne suffirait pas à tout explorer.

Nos boîtes mail sont atteintes de la même tendance inflationniste. L’organisation matricielle des entreprises, les projets transverses nous mettent en contact avec un nombre croissant de personnes. Nous appartenons à de multiples « mailing lists » qui nous abreuvent d’informations. Grâce à nos smartphones ou tablettes, nous sommes sollicités à toute heure et en tout lieu. Le rythme des discussions s’accélère et se prolonge jusqu’à des heures tardives. D’autant plus que notre activité elle-même entretient l’inflation. Lorsque nous répondons du tac au tac à nos messages, nous déclenchons souvent une nouvelle avalanche de mails, de tweets ou commentaires en tout genre.

Mais qu’est-ce qui nous fait courir ainsi après ces informations ou sollicitations qui nous viennent de partout ? La peur de louper quelque chose, entretenue par une croyance fallacieuse. L’illusion que nous pouvons – ou devons ! – être au courant de tout et répondre à tout. C’est impossible. Cette implacable vérité est en réalité une très bonne nouvelle. Car elle nous redonne le pouvoir de choisir.

 2. Avoir un objectif précis

Si nous ne pouvons pas contrôler la profusion des informations émises ou des messages qui nous sont adressés plus ou moins directement, nous pouvons en revanche diriger nos propres actions vers un but précis. Par exemple, avant de nous lancer dans des recherches sur Internet, écrire en clair sur une feuille à portée de regard ce que nous voulons trouver et pourquoi nous avons besoin de cette information. Cela nous aidera à focaliser nos clics sur notre objectif.

Il est également utile de réfléchir au positionnement personnel que nous souhaitons avoir sur les réseaux sociaux à usage professionnel, comme LinkedIn ou Viadéo. Quel but poursuivons-nous ? Quels projets souhaitons-nous faire avancer grâce à eux ? Quelle image donner de nous-mêmes pour favoriser l’orientation professionnelle que nous avons choisie ? Quelles compétences voulons-nous mettre en avant ? Qui voulons-nous toucher ? Lorsque les réponses à ces questions sont claires dans notre tête, nous sommes de facto beaucoup plus sélectifs. Nous commentons les articles en lien avec notre expertise, nous entretenons la relation avec les personnes qui ont un rapport avec nos projets. Car nous savons que si nous éparpillons nos « activités » sur les réseaux sociaux, nous risquons de brouiller notre image.

Enfin, le rapport très étroit que nous entretenons avec notre boîte mail peut engendrer une certaine confusion d’objectif. Nous pourrions être tentés de vouloir à tout prix vider notre boîte de réception. Or, ce n’est pas un but en soi ! La messagerie électronique n’est qu’un moyen au service de nos missions. La méthode CAP est très efficace pour nous aider à nous recentrer sur nos objectifs opérationnels. Et tant pis pour les expéditeurs qui ne font pas partie de nos priorités. La « séquence CAP » terminée, il restera quelques mails sans réponse. Rassurons-nous, nos interlocuteurs oublieront vite notre négligence, pris eux aussi dans le tourbillon des informations pléthoriques. Au pire, ils nous relanceront, mais ne nous en voudront pas pour autant. Dans l’intervalle, nous serons revenus à une tâche essentielle, et c’est le plus important.

3. Limiter la consommation

Malgré la conscience que nous ne pourrons pas tout voir ni tout traiter, malgré des objectifs parfaitement clairs, il se peut que nous manifestions des comportements addictifs : tentation de regarder nos mails toutes les dix minutes, réactivité instantanée au flux d’activité sur les réseaux sociaux, envie de consulter Internet en toute occasion – dans la rue, en soirée avec des amis, en famille.

Or, la surconsommation digitale n’est pas sans conséquence sur notre gestion du temps. La luminescence des écrans est reconnue pour avoir un effet néfaste sur notre capacité de concentration. Sans parler des alertes sonores ou visuelles ! Une activité digitale en soirée freine notre endormissement, et nous nous levons fatigués le lendemain matin. Surtout, mis bout à bout, les temps passés à dialoguer avec nos appareils représentent des heures qui ne sont plus disponibles pour autre chose. Et les incessantes distractions auxquelles nous sommes soumis nous empêchent d’être pleinement présents à ce que nous faisons ou à notre entourage.

Pour prendre de la distance, offrons-nous de temps en temps une cure de « digital detox » pour reprendre l’expression d’Alia Cardyn. Et choisissons d’appliquer une ou plusieurs idées parmi la liste ci-dessous, de manière permanente ou temporaire.

  • Désactiver les alertes mails et réseaux sociaux.
  • Travailler en mode « hors connexion » le temps de finir un dossier.
  • Avoir deux smartphones : un professionnel, coupé en soirée, un personnel.
  • Partir en week-end dans un endroit sans réseau.
  • Rester une soirée par semaine sans consulter le moindre écran, entièrement présents à ce qui nous entoure « dans la vraie vie ».
  • Limiter nos temps de consommation à l’aide d’un minuteur (20 minutes d’activité par jour sur les réseaux sociaux sont largement suffisantes !).
  • Nous fixer des règles de consommation  « à la première information intéressante sur Twitter, j’arrête ! ».

Une autre manière de limiter notre consommation digitale est de penser à ce que nous ferions à la place. La visualisation concrète d’une scène où nous pratiquons une autre activité, une de celles que nous regrettons de n’avoir pas le temps de faire, est très efficace pour donner envie à notre cerveau d’atteindre cet objectif. Alors, nous retrouverons le bonheur de goûter chaque instant de notre vie, en trois dimensions et avec nos cinq sens. « Moi, se dit le petit prince, si j’avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine… » (Antoine de Saint-Exupéry).

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AMJOD Il y a 4 années

Merci Pascale, ces petites merveilles nous empêchent de nous retrouver avec nous même et notre besoin de solitude
j’ ai expérimenté l’idée de me priver de mon Smartphone durant une semaine le cape du 3 ème jour est le plus difficile si non le monde continue à tourner sans moi.
Abdellah

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albina_rudy@yahoo.fr Il y a 4 années

n/a

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