Comment réussir à dire « non » ?

Par le 15 juillet 2014

Nous avions décidé d’avancer sur un projet important lorsque patatras ! Un collègue arrive avec une demande urgente – pour lui. Nous voici tiraillés entre l’envie de dire « non » pour privilégier nos priorités, et la tentation compulsive de dire « oui », une fois de plus.

Notre cerveau cherche à nous protéger du rejet

Si nous ne parvenons pas à refuser de rendre service à notre collègue, c’est que nous avons peur d’abîmer notre relation avec lui. Nous craignons de le froisser ou de le blesser. Alors nous croyons – à tort – que si nous n’accédons pas à sa demande, il ne nous appréciera plus. Nous avons peur d’être jugés comme une personne peu aimable, voire manquant franchement d’esprit de coopération. En bref, nous faisons l’amalgame entre notre réponse à sa demande et la qualité de notre relation avec lui.

Coeur

Dissocions la demande de la relation

Pour rassurer notre cerveau sur la pérennité de la relation, souvenons-nous de toutes les fois où d’autres personnes nous ont dit « non ». Les avons-nous rejetées pour autant ? Avons-nous cessé de les aimer brutalement ? Absolument pas. Nous avons pris conscience des besoins de l’autre, c’est tout. Mieux encore, lorsque ces mêmes personnes, plus tard, nous ont dit « oui », nous savions qu’il s’agissait d’un vrai « oui ». Les « non » donnent toute leur puissance aux « oui ».

Et si nous avons peur que notre collègue fasse l’amalgame, de son côté, entre notre refus et l’estime que nous lui portons, il existe une solution toute simple pour nous rassurer : lui dire combien nous l’apprécions ! « J’aimerais beaucoup te rendre service, mais j’ai un dossier à boucler pour ce soir. Je suis désolé ! »

Notre cerveau craint le changement

Intellectuellement, nous commençons à croire que cela pourrait marcher, que nous pourrions dire « non » sans perdre l’estime de notre collègue. Mais la part limbique de notre cerveau, celle qui gère nos émotions, nous dit que la stabilité est rassurante. Au moins, nous connaissons les conséquences. Certes, nous prenons du retard sur nos dossiers importants, nous travaillons tard le soir pour les terminer, mais tout cela est familier. Alors que refuser un service à un collègue, nous ne savons pas quel désastre cela pourrait produire !

Testons le « non » dans un environnement protégé !

C’est le tout premier pas qui est le plus difficile. Et c’est lui le plus déterminant. Peu importe la taille de ce pas pourvu qu’il nous emmène dans la direction opposée à celle que nous prenons d’habitude. Notre cerveau enregistrera tout de même une expérience nouvelle, et classera dans la catégorie « sans danger » ce nouveau type de comportement. Pour cela, il a besoin de l’avoir vécu une première fois.

Choisissons une situation sans enjeu : une personne qui nous apprécie beaucoup et une demande qui ne revêt pas une importance trop grande pour elle. Osons lui dire que nous ne pouvons pas répondre favorablement à sa demande, tout en l’assurant de notre affection. Lorsque l’événement est clos (la personne a résolu son problème d’une autre manière, nous ne pouvons plus revenir en arrière), faisons le point avec elle sur la relation. Osons lui demander si elle nous apprécie moins à cause de notre « non ». Il est probable qu’elle nous réponde « mais pas du tout, j’ai bien compris que tu étais occupé, c’est normal ! »

Alors, nous aurons appris encore une dernière chose à propos du « non ». Il donne aux personnes qui nous entourent la formidable permission de nous faire des demandes sans crainte de nous gêner.

Pour plus d’astuces, retrouvez la boîte à outils de la gestion du temps

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Hélène Willerval Il y a 5 années

Très intéressant. J’ai justement testé ce sujet il y a 8 jours avec des stagiaires pour qui j’animais une séance sur la gestion du temps : la majeure partie d’entre eux se disent incapables de répondre ‘non’ à une demande, même en cas de surcharge de travail.

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    Pascale Bélorgey

    Pascale Bélorgey Il y a 5 années

    Merci Hélène, oui, les tours que nous joue notre cerveau peuvent parfois freiner notre efficacité. Et il est aussi le meilleur allié de notre efficacité…si l’on parle son langage.

Pascale Bélorgey

Pascale Bélorgey Il y a 5 années

tes tests sont les bienvenus sur notre blog, Olivia ;-))

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guittonneau matthieu Il y a 5 années

merci pour ces bons conseils, je n’ai jamais su dire non a mes collègues et à mon patron, qui ont trouvé un merveilleux appui en ma personne,toujours là et ne demandant pas d’augmentation..cela m’ a mené à une fatigue physique et psychique qui a conduit a la rupture de mon contrat ..savoir dire non, c’est aussi renseigner l’autre sur ses limites et aussi, se respecter.

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    Pascale Bélorgey

    Pascale Bélorgey Il y a 5 années

    @Matthieu : merci beaucoup pour ce témoignage fort ! Votre expérience met en lumière un aspect très puissant du « non » : il est une façon de se dire « oui » à soi-même, et par là de se respecter et de s’aimer. Encore merci, Matthieu.

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