Développer sa créativité pour résoudre les problèmes complexes

    Par le 12 juin 2017

    Les problèmes complexes sont difficiles à démêler. Ils intègrent de nombreux éléments inextricablement liés entre eux. Souvent, plusieurs parties prenantes sont concernées par le problème, ce qui le rend encore plus délicat à traiter. Alors, nous les reportons jusqu’au jour où, pensons-nous, nous pourrons enfin y réfléchir à tête reposée. Or, c’est tout le contraire qu’il faut faire ! Pour être efficace, notre cerveau a besoin de cheminer le long des 4 phases du processus créatif.

    Les 4 phases du processus créatif

    1. Booster notre efficacité en phase d’imprégnation

    Il est normal de « sécher » lorsque nous nous penchons sur un problème nouveau un tant soit  peu complexe. Déjà, cette pensée positive nous permet de désamorcer la pression que nous nous mettons parfois à trouver des solutions rapidement. La première chose à faire est donc de nous dire « je suis en phase d’imprégnation, je ne m’oblige pas à trouver une solution ni à produire un résultat concret ».

    Libéré de la pression de l’urgence, notre esprit est plus ouvert. Nous prenons le temps d’écouter les autres, d’interroger des clients, des collègues, d’élargir le champ de l’exploration. Nous devenons plus perméables aux signaux extérieurs, nous captons mieux toute information susceptible d’alimenter notre réflexion.

    Quatre outils peuvent nous permettre de tirer parti de cette phase :

    • Le fil de l’eau : il suffit d’ouvrir un espace pour y déposer en temps réel les informations relatives au problèmes, à la situation ou nos premières idées. Un simple document, un répertoire de notre explorateur de fichier (que nous afficherons dans nos « favoris » pour y avoir accès en un clic), un bloc-note dans OneNote ou EverNote, etc.
    • La carte mentale : idéale pour représenter les informations et les idées dans le désordre, telles qu’elles arrivent, elle peut être enrichie au fur et à mesure que nous progressons dans l’exploration du problème. La vision d’ensemble qu’elle offre permet à notre cerveau de créer plus facilement des liens entre les données.
    • La définition de l’objectif créatif : il permet de poser le problème sous forme de défi créatif. Il se formule la plupart du temps de la façon suivante : « comment faire pour… tout en… »
    • Les rappels de l’agenda : en programmant régulièrement des rendez-vous avec nous-mêmes, même courts, pour analyser les nouvelles données que nous avons récoltées au fil de l’eau, nous entretenons notre dynamique de réflexion. Notre cerveau est d’autant plus sensible à toute information nouvelle, il tisse d’autant mieux les liens qui lui permettront de trouver une solution.

    2. Booster notre efficacité en phase d’incubation

    En phase d’incubation, la seule chose à faire est de cesser de penser au problème. Voire même cesser de penser tout court ! Et pour cela, rien de mieux que d’aller dormir. En effet, le sommeil évacue les toxines que notre cerveau accumule pendant la journée depuis l’instant où nous ouvrons les yeux. La nuit, notre cortex préfrontal au repos laisse le champ libre à notre inconscient pour faire des associations d’idées originales, même hors du cadre du problème.

    En conséquence, une bonne pratique pour booster notre efficacité en phase d’incubation est de toujours laisser au moins une nuit entre la phase d’imprégnation et le moment où nous souhaitons produire une solution.

    D’autres moyens sont bons pour cesser de ruminer le problème : la pratique d’une activité artistique qui déconnecte radicalement de la pensée rationnelle, comme par exemple le dessin, la musique, la danse, etc. Une activité sportive qui oblige à se concentrer sur le corps plutôt que sur l’esprit. La méditation ou le yoga qui permettent de faire le vide. Activités cumulables, bien sûr, avec bonne nuit de sommeil par-dessus.

    3. Booster notre efficacité en phase d’illumination

    L’illumination peut surgir n’importe quand. Le soir en s’endormant, au saut du lit, sous la douche, dans les transports… Première bonne pratique : avoir toujours sur nous de quoi noter… et noter l’idée immédiatement ! Certaines fulgurances ont tendance à se montrer fugaces. Parfois, la technique du chien à l’arrêt est nécessaire pour attraper une idée qui s’échappe. Ne bougeons plus, écoutons notre dialogue intérieur, coupés du monde qui nous entoure.

    Il est aussi possible de « donner rendez-vous » à nos illuminations. Tout simplement en indiquant à notre cerveau le jour où nous programmons de transformer les données de l’imprégnation en solutions concrètes. Pour plus d’efficacité, relisons la veille au soir nos notes accumulées.

    Enfin, il existe une technique très puissante pour développer notre capacité à avoir des illuminations créatives : les pages du matin. C’est un outil essentiel de la méthode que propose Julia Cameron dans son livre Libérez votre créativité. Elle ne demande rien d’autre que de l’auto-discipline…pour faire sonner notre réveil 45 minutes plus tôt pendant au moins 12 semaines d’affilées. En couvrant d’écriture libre 3 pages tous les matins, nous habituons notre cerveau à faire sa moisson d’idées neuves chaque jour. Et si les premières semaines sont difficiles, le jeu en vaut la chandelle.

    4. Booster notre efficacité en phase d’évaluation

    Concrétiser nos idées peut prendre plusieurs séances de travail. Il s’agit de les confronter aux contraintes de la réalité, de tester leur pertinence, de les intégrer dans un ensemble plus vaste, de leur donner forme. C’est le produit fini de ce travail qui sera mis en place et déployé, remis au commanditaire, communiqué aux parties prenantes.

    Un outil peut nous faire gagner un temps précieux dans cette phase : le draft (brouillon en anglais). Au lieu de produire le livrable finalisé, nous produisons à moindre effort une ébauche ou un prototype que nous présentons aux parties prenantes, voire à un regard extérieur. Nous sommes ainsi beaucoup plus réceptifs aux feedback.

    Cette démarche comporte plusieurs avantages. Notre solution se trouve enrichie des remarques des autres et d’autant plus pertinente. Les parties prenantes adhèrent mieux à une solution qu’elles ont contribué à formaliser. La validation finale de la solution et son déploiement s’en trouveront facilités. Enfin, bien souvent, nos idées rebondissent mieux lorsqu’elles sont en contact avec celles des autres.

    Et si à ce stade la pelote est encore emmêlée, qu’à cela ne tienne. Nous nous imprégnons de ce nouveau problème et reprenons le cycle des 4 phases du processus créatif. Bonus : plus nous le faisons, et plus nous apprenons à nous faire confiance.

    Les problèmes complexes ne nous angoissent plus, ce ne sont que des défis créatifs enthousiasmants.

     

    Plus d’astuces dans la boîte à outils de la gestion du temps et dans la boîte à outils de l’efficacité professionnelle :

    La Boite à Outils de la gestion du temps

     

     

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    Fabien RAYNAUD Il y a 4 mois

    Belle synthèse du fonctionnement de notre cerveau, ou comment l’exploiter au mieux pour être créatif.
    Un ouvrage qui traite de cet aspect-là : « Théorème Vivant » du mathématicien Cédric Villani. Il y raconte son aventure scientifique avec ces différentes phases d’imprégnation et d’illumination. Vous pouvez aussi le retrouver dans sa conférence « Pour faire naître une idée » : https://www.youtube.com/watch?v=0COzq2kNA1A

    Cordialement,
    Fabien RAYNAUD
    http://www.FabienRaynaud.com

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    Pascale Bélorgey

    Pascale Bélorgey Il y a 4 mois

    @Fabien Raynaud : merci pour ces références ! 🙂

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    Élie Manga Il y a 1 mois

    C’est formidable!
    Ce sont des leçons de la vie que vous apportez à l’humanité…
    Bravo!!!

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